18 octobre 2009

Hotaru, Wasurenagusa et Mitsuba d'Aki Shimazaki

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J'ai passé une bonne partie de ma semaine à me plonger dans la suite de cette saga japonaise, qui a le mérite de me faire voyager loin de tout. Format très pratique en plus, car ce sont à chaque fois de très jolis petits volumes de la collection Leméac de chez Actes Sud avec des couvertures magnifiques, idéal lors de mes trajets quotidiens dans le bus. Il me reste encore un tome pour la semaine prochaine, toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin...

Wasurenagusa -mot signifiant myosotis en japonais qui dans le langage des fleurs est l'emblème du souvenir persistant au-delà de la mort- peut se lire vraiment en-dehors des autres tomes car l'histoire est centrée sur l'un des collègue de Monsieur Horibe, Kenji Takahashi. Héritier d'une noble famille de la cour impériale, il cache pourtant un lourd secret puisqu'il est stérile. Poussé par ses parents, il est obligé de se marier avec Satoko mais son union est brisée par l'absence d'enfant. C'est alors qu'il rencontre Mariko, orpheline et mère de Yukio avec qui il fonde une nouvelle famille loin des préjugés de son temps. Encore un pan de l'histoire initiale qui se dévoile, puisque Mariko et Yukio sont au centre des intrigues précédentes. Pourtant avec ShimazakiShimazaki, ce n'est pas tant le contenu de l'histoire qui importe, ce qui bouleverse et émeut le lecteur avant tout c'est l'extraordinaire poésie qui se dégage de ses courts romans à l'écriture fine et admirablement ciselée.9782742781409

Avec Hotaru (luciole en japonais), ShimazakiShimazaki semble boucler son oeuvre intitulée Le Poids des secrets puisque c'est cette fois Mariko qui se confie à sa petite-fille Tsubaki pour lui raconter l'histoire familiale d'un tout autre point de vue. Le point de vue de la maîtresse de monsieur Horibe, d'une femme bafouée et coupable qui regrette sa liaison tout en avouant son irrésistible attirance replonge le lecteur dans les émotions du début et éclaire certaines parties obscures du récit. Un style très touchant qui caractérise vraiment cette oeuvre, même si des cinq tomes lus précédemment ce volet m'a peut-être un peu moins emballée parce que l'itération complète une lecture antérieure plus qu'elle ne l'enrichit vraiment.

9782742764846

Enfin, Mitsuba (trèfle en japonais) relance l'intrigue en proposant un portrait plus contemporain du Japon, tiraillé dans ses rapports humains entre tradition et modernité. Dans ce nouvel opus, c'est le thème mariage vu comme une contrainte sociale qui prédomine avec une description assez édifiante du miaï ou rencontre arrangée par deux familles aisées dans le but d'une alliance financièrement avantageuse. Encore une fois, ce n'est qu'une toile de fond qui est loin des clichés que l'on pourrait lui prêter car ce qui touche et entraîne à chaque fois le lecteur dans sa lecture, c'est bien l'atmosphère envoûtante et si particulière qui se dégage de chacun des romans de ShimazakiShimazaki.

En bref, une très jolie lecture, qui malheureusement va s'achever un peu trop tôt à mon goût avec le dernier tome que j'entame cette semaine!

Posté par Snowball à 10:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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