Les enfants de Staline de Owen Matthews
Ce document retrace la complexe généalogie familiale de son auteur, qui s’enracine dans la Russie stalinienne des années 40. Boris Bibikov, le grand-père de l’auteur est alors un haut dignitaire déchu et abattu froidement par les sbires de Staline tandis que sa mère Ludmila échoue avec sa sœur dans un orphelinat en pleine tourmente de la seconde guerre mondiale. Devenue une brillante étudiante pendant la guerre froide, elle rencontre Mervyn Mathews, futur père de l’auteur qui ayant refusé d’entrer au KGB est contraint à l’exil. Ludmila et Mervyn sont alors obligés de fuir en Angleterre, lieu où l’auteur est né. Plus âgé, il s’intéressera à son passé familial et entreprendra le récit et la reconstitution de son histoire personnelle.
Ce livre se lit à la fois comme un documentaire et comme un roman, car l’écriture est fluide et la genèse familiale y détient une place aussi importante que le fond historique que n’est jamais didactique. Certaines pages sont très émouvantes : l’enfance de la mère de l’auteur, le thème des amants maudits… Le romanesque n’est pas exempt de cet ouvrage bien documenté qui ne verse toutefois pas dans la simple hagiographie. On ressent également la fonction exutoire de cet écrit, comme une expiation du passé parfois coupable et culpabilisant, comme une volonté de rétablir la vérité des faits enfouis par l’histoire (à l’instar des circonstances cachées de la mort du grand-père). Le seul reproche pourrait peut-être porter sur le style de ce roman : un léger manque de souffle dû à des longueurs dans la justification parfois obsessionnelle de certains détails, quelques longueurs et essoufflements sur la fin de l’ouvrage. Néanmoins, ce document reste riche et bien construit, ce qui rend la lecture à la fois instructive et relativement plaisante.
