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15 décembre 2010

La Robe de Robert Alexis

9782714309082Voici un court roman qui dormait à tort depuis des années dans ma gigantesque PAL (je n'ose même pas la lister). Il s'agit du premier roman de Robert Alexis publié en 2006 chez José Corti.

A une époque indéterminée que l'on pourrait peut-être situer au début du XXème siècle, dans un lieu assez flou (celui d'une mystérieuse garnison), nous suivons l'étrange histoire d'un officier qui revient sur un épisode bien trouble de ses jeunes années. D'une nature assez mélancolique et réservée, cet officier s'était épris d'une certaine Rosetta, jeune femme secrète et impudique qui lui avait alors fait tourner la tête. Cependant, lorsqu'il découvre la vérité concernant Rosetta, cette dernière disparaît dans des circonstances bien troubles. S'ouvrent pour le narrateur un monde nouveau dans lequel il n'y a plus ni tabous ni inhibitions.

Ce court texte se lit d'une traite et dégage un véritable pouvoir de fascination au point qu'il est difficile de le poser ne serait-ce qu'un instant. Le style, tout d'abord, est remarquable: une syntaxe ample et ciselée, un lexique riche et précis, des images fortes. On retrouve avec délice une ambiance propre aux écrivains du XIXème siècle avec une touche d'absurde propre au XXème siècle. Les thèmes abordés: le désir, l'identité sexuelle, l'ambiguïté des genres évoquent certains contes grivois sans que cela ne tombe jamais dans la vulgarité. Ce récit très troublant a bien des qualités, mais je dois néanmoins avoué avoir été un peu déçue par la fin: je m'attendais à quelque chose de plus surprenant. Une belle découverte qui se poursuivra je pense par la lecture d'autres romans de cet auteur que je vous invite à découvrir.

Un petit extrait pour terminer: Je dois avouer pourtant que de telles agapes, assez fréquentes, m'ennuyaient. Sans vouloir faire bande à part, je ne me mêlais qu'à moiié aux fantaisies de mes camarades. On mettait sur le compte d'une psychologie taciturne ce manque d'entrain que je tentais vainement de cacher. On se moquait de moi gentiment. On ironisait sur le peu de cas que je faisais des demoiselles. L'alcool était une consolation, mais il ne m'empêchait pas de suivre la pente naturelle de ma mélancolie.

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