L'assassin habite au 21 de S.A Steeman
Voilà un classique de la littérature policière que je voulais lire depuis longtemps, et je dois dire que je ne regrette pas de l'avoir déterré de ma PAL tant j'ai passé un agréable moment de lecture. Ce livre, qui a inspiré à Henri-GeorgesHenri-Georges Clouzot un célèbre film qui est devenu un grand classique est d'abord l'oeuvre de Stanislas-AndréStanislas-André Steeman un auteur et illustrateur belge d'expression française décédé en 1970. Ce roman, qui date de 1939 est son livre le plus célèbre.
Un meurtrier sévit sur Londres et nargue la police avec ses crimes affreux: sept victimes en deux mois et demi, sept crânes fracassés par temps de brouillard, sept victimes détroussées et abandonnées sur le pavé. Des meurtres tous signés par un bristol qui indique le nom du meurtrier: Smith...l'un des noms les plus communs qu'il soit! La police londonienne a beau mener son enquête, renforcer ses effectifs et interroger tous les Mr. Smith de la capitale, force est de constater que l'enquête piétine. Jusqu'au jour où un individu confesse à Scotland Yard le lieu d'habitation du meurtrier qu'il a suivi après l'un e ses abominables forfaits et qui habiterait au numéro 21 du Russel Square. Seulement voilà, cette maison abrite en fait une pension de famille et partant il est bien difficile de savoir qui des pensionnaires est le coupable sans éveillé les soupçons des locataires de la pension Victoria.
Ce court roman est tout simplement un petit chef-d'oeuvre du genre: désuet à souhait avec des accents à la Agatha Christie, une intrigue solide et pleine de rebondissements, on dévore ce texte d'une traite une nuit d'insomnie sans se poser beaucoup de questions. Reprenant le célèbre procédé d'Ellery Queen ou de Hugh Austin, l'auteur interpelle son lecteur dans une "lutte de l'esprit" des plus haletantes: il s'agit pour le lecteur qui dispose des éléments fournis de résoudre par lui même la clé de l'énigme. Harangué par l'auteur, il est sommé de se substitué aux enquêteurs qui peinent à résoudre une enquête qui tourne à l'aporie: tous les suspects disposent d'un alibi et pourtant le coupable est sous nos yeux, alors que faut-il en conclure? Bon j'avoue que j'avais quelques idées sur la question, néanmoins je n'imaginais pas une telle vérité. Preuve qu'une fois encore il n'est pas toujours simple de se détacher de son statut de lecteur emporté par l'action, mais c'est aussi tellement agréable de se laisser surprendre par un dénouement inattendu. Bref, un roman dont je recommande vivement la lecture!