L'âme humaine et le socialisme de Oscar Wilde
Dans ce court essai daté de 1891, Oscar Wilde "propose une synthèse personnelle de diverses influences et offre une vision idiosyncratique du socialisme". Le titre de ce court texte repose sur une antithèse et se développe sur une logique pour le moins paradoxale exempte de tous les préjugés d'une époque.
"Le principal avantage que présenterait l'établissement du socialisme serait sans nul doute de nous libérer de cette sordide nécessité qui consiste à vivre pour les autres, et qui, dans l'état actuel des choses, exerce une pression redoutable sur chacun d'entre nous ou presque". Ainsi s'ouvre cet essai de 80 pages, qui défend de nombreuses idées subversives: le caractère malsain de l'altruisme et de la charité qui perpétuent la pauvreté au lieu de l'annihiler, l'individualisme comme salut, le bonheur pour tous avec la disparition totale des classes sociales inférieures, l'abrogation de la propriété privée. "La véritable perfection de l'homme réside, non en ce qu'il a, mais en ce qu'il est", Oscar Wilde dénonce la société de consommation bien avant l'heure. Cet aspect ainsi que les références à Victor Hugo, Byron ou encore Shelley ont particulièrement retenu mon attention. La réflexion finale sur l'art également. D'autres idées un peu plus datées m'ont moins séduites.
On trouve dans ce court essai une plume incisive et savoureuse, résolument moderne qui traite avec un point de vue visionnaire la société d'une époque tiraillée entre individualisme et altruisme, pragmatisme et réalisme. A découvrir!
Merci à Blog-o-book et Aux Forges Vulcain pour cette découverte.
