Un jour, quelque part de David Nicholls
Un jour, quelque part... deux étudiants en dernière année tout juste diplômés, Emma et Dexter passent une nuit ensemble, laquelle s'annnonçait a priori sans lendemain. Issu d'un milieu plutôt favorisé, Dexter Mayhew n'imaginait pas s'attacher à Emma Morley une jeune fille idéaliste et certes charmante mais tributaire d'origines modestes. Et pourtant, cette unique nuit débouche sur une relation dont nous allons suivre l'évolution sur près de vingt ans. Vingt années au cours desquelles, chaque quinze juillet, nous allons retrouver nos deux héros dont les destins se croisent au hasard des rencontres et du souvenir chaque année entretenu. Dexter s'égare dans les fêtes et les conquêtes faciles avant de devenir animateur pour la télévision et d'épouser la jeune et jolie Sylvie Copp. Emma, devient professeur après avoir longtemps travaillé dans un tex-mex minable et entretient une relation plus ou moins suivie avec Ian, un humoriste malheureusement doté de peu de talent. La route de ces deux jeunes gens finira-t-elle par se croiser de manière plus intime, achèveront-ils de se tourner autour sans jamais oser se toucher? Oui, on s'en doute dès le début, par contre on ignore ce qui se passera ensuite...
Inutile d'en dire davantage sur le plan de l'intrigue, on reste dans tout ce qu'il y a de plus conventionnel: un amour de jeunesse, des rencontres plus ou moins fortuites au fil des années jusqu'au moment où l'on réalise que le grand amour se trouvait juste à la portée des yeux. Généralement, ce genre d'histoire m'agace et c'est donc surprise que je suis passée sur les premiers chapitres qui accumulent les clichés du genre: une héroïne agaçante et fade désespérément éprise d'un riche et flambeur jeune homme qui s'égare dans les soirées bien arrosées et dans les autres addictions de son temps. L'artifice formel des chapitres qui égrènent l'une après l'autre les années qui s'écoulent depuis ce fameux 15 juillet des années 1980 crée même des incohérences scénaristiques de taille. Passons. La seconde moitié du livre est plus intéressante, puisque l'on suit l'ascension professionnelle des deux protagonistes: Dexter évolue dans le milieu des médias tandis que Emma devient professeur et écrivain. C'est aussi le temps des désillusions personnelles, et la narration semble prendre un nouveau souffle. Des passages croustillants sur le héros devenu jeune papa nous arrache quelques sourires, de même que l'expérience parisienne d'Emma permet au personnage de prendre un peu plus d'envergure. La suite, on l'attend depuis le début, ce sont les retrouvailles de Dexter et d'Emma, je n'en dirai pas plus mais j'avoue que j'ai trouvé cela bien écrit même si le dénouement est un peu facile à mon sens.
Emotion, passion et réflexion, tels sont les traits qui se dégagent de ce beau roman qui n'évite certes pas certains écueils du genre sentimental mais qui emmène aussi le lecteur loin des attendus. Un arrière-plan historique et culturel retrace l'évolution d'une génération des années 1980 à nos jours, et plus particulièrement les références constantes à la musique de ces différentes décennies nous replongent dans bien des souvenirs. Bref, une lecture sympathique et agréable pour un bon moment de détente.
Merci encore aux éditions Belfond et à Blog-o-Book pour ce partenariat!